LE POITOU

En bal folk, on aborde toutes les régions, toutes les époques, tous les styles
Les danseurs qui ont appris en faisant des stages, savent généralement à quelle région, quel style, se rattache chaque danse.
Cependant, de plus en plus, d'autres viennent en bal apprendre à danser, en imitant "ceux qui savent".
Pour ceux là, et pour les débutants, je vais tracer un panorama des types de danses et des régions de France, en insistant sur le style propre à chacune.

Le chant traditionnel
La Bretagne - Le Berry - L'Auvergne
Les contredanses -   Gascogne-Béarn

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Le répertoire des danses traditionnelles collectées en Poitou surprend fréquemment le danseur profane par sa diversité : danses en rond, en chaîne, sur deux fronts, en quadrette, en couple ouvert; pas binaires ou ternaires, glissés, courus, découpés, frappés, sautés, terriens ou aériens...

Cette perception d'une diversité certes bien réelle mérite d'être tempérée. L'évolution des formes des danses est le résultat d'une histoire, d'emprunts successifs à d'autres milieux (citadins) ou d'autres terroirs (pays de bourrées). Quant aux pas, la diversité d'exécution masque de prime abord, une parenté bien réelle au plan rythmique, et ce n'est pas un hasard si des mélodies très voisines sont utilisées pour faire danser les avant‑deux en Bocage, les maraîchines en Bas‑Poitou, les vries entre Plaine et Gâtine, les gàtinelles, les bals binaires. C'est que l'héritage des branles est omniprésent et a marqué durablement les pays poitevins dans les pas, dans la musique...

Pour être rapide on pourrait dire que trois familles de danses coexistent en Poitou

‑ les rondes chantées dont la pratique s'est peu à peu circonscrite à certaines communautés restreintes (famille, voisinage,...) ou à certains espaces géographiques (îles de la côte vendéenne, marais,...).

‑ les danses.utilisant rythmes et pas du branle

(avant‑deux, maraîchine, gâtinelle, vrie...) sous diverses formes (ronde, chaîne, couple ouvert, contredanse).

‑ les bourrées poitevines (marchoise, limousine), danses ternaires, fruit d'un probable emprunt au Limousin proche.

Ces danses  sont principalement connues au travers des nombreuses collectes effectuées dans la seconde moitié du XXe siècle, c'est‑à‑dire à une époque fort tardive au regard de la disparition de la société traditionnelle. Certaines danses ne subsistaient plus qu'à l'état de traces dans la mémoire de quelques informateurs âgés (telle la " quatre‑danse " ou la mouvante en Gâtine), d'autres survivaient à la société qui les avaient élaborées (telle l'avant‑deux en Bocage dans les bals de noces), d'autres encore avaient déjà été remises au goût du jour ‑ et souvent transformées ‑ par une démarche revivaliste : groupes folkloriques, régionalisme, mouvement folk dans une moindre mesure (la maraîchine).

L'AVANT DEUX

Dansé par des couples disposés en quadrettes ou sur deux fronts, l'avant-deux, dans les pays de Bocage, associe une forme chorégraphique datée, celui du modèle citadin de la contredanse française, au substrat plus ancien du branle dont on a gardé les pas, les rythmes et les mélodies. Pratiqué encore aujourd'hui lors de certains bals de noces, l'avant-deux présente une grande diversité de pas, de relations entre danseurs, au point que nous Mmes naguère tentés de parler DES avant-deux.

En Bocage l'avant‑deux comporte quatre parties.

 " En avant-deux " et " traversez " : évolution simultanée d'une des danseuses de la quadrette et de son vis à vis.

" Balancez " : swing en position de danse de couple.

" Rassemblez " : déplacements avant-arrière simultanés des deux couples.

En Gâtine l'avant‑deux comporte deux ou trois parties : " en avant‑deux " avec l'ensemble des danseurs, parfois " traversez ", et " balancez ". L'avant‑deux est mené, dirigé, gouverné par le musicien. C'est lui qui désigne au préalable les danseurs qui les premiers iront " en avant‑deux ", c'est lui qui annonce chacune des parties de la danse, c'est lui enfin qui " juge et commente les prestations des danseurs ".

Dans le Haut‑Bocage, il était fréquent que le musicien ajoute aux parties habituelles de la danse (ou intercale entre elles) une figure empruntée aux quadrilles : moulinet, promenade, galop, 4 coins,...

LA MARAICHINE

Le terme " maraîchine ", relativement récent, sert à désigner les formes de branles pratiquées dans le Marais de Challans (Bas Poitou). La maraîchine est dansée par des couples, le plus souvent disposés en ronde, plus rarement en chaîne ou sur deux fronts. Elle comprend généralement deux parties correspondant à deux thèmes musicaux. La première est dansée sur le cercle, avec ou sans déplacement ; la seconde en couple, chaque couple tournant sur lui‑même. La musique peut être vocale (chant des danseurs) ou instrumentale (musicien placé au centre ou à (extérieur de la ronde).

La maraîchine n'a cessé de se danser dans le Marais, mais il est difficile de distinguer dans la pratique récente la part d'une survivance des formes héritées de la tradition et l'influence du revivalisme, en particulier des groupes folkloriques présents très tôt dans cette région.