|
LA CHANSON TRADITIONNELLE
La
chanson traditionnelle s’est essentiellement
formée et véhiculée au sein de la société traditionnelle et rurale.
Transmise oralement,
elle se présente toujours en une multiplicité
de versions
Reflet
direct de son milieu d'élaboration, elle témoigne d'une pensée formulaire
et associative, concrète et simple, plus sociale que personnelle. De même,
au niveau poétique, elle utilise l'assonance bien plus que la rime.
L'histoire
peut révéler quelques étapes de sa formation, éventuellement une
tendance à la stabilisation (la forme-type); il est exceptionnel
qu'elle donne accès à son origine (l'archétype). C'est par une longue série
de transmetteurs/modificateurs que la chanson acquiert définitivement ses
caractéristiques.
Du
« berceau à la tombe», elle investit toutes les circonstances de la vie,
du simple divertissement individuel au rite le plus formalisé. Berceuses,
formulettes enfantines, complaintes, chansons d'amour ou à danser, chant à
boire, à quêter ou à travailler constituent autant de genres et de
fonctions. Ils forment au total plus de 2.000 chansons-types répertoriées
en d'innombrables versions.
Mobile,
elle traverse indistinctement les régions et dépasse les frontières:(il
existe la plupart du temps des versions canadiennes )
La
musique contribue beaucoup à sa circulation. Véhicule
constamment renouvelé au contact des airs à la mode et plus malléable que
le poème, pour une forme type de texte, d’une région à l’autre,
on va trouver des musiques parfois totalement différentes, avec ajout de
refrain, ou passant en mode mineur ou majeur,
pour une même chanson.
Notée
dès la fin du XVè siècle dans quelques chansonniers (ms. de Bayeux, ms.
12.744 de la Bibliothèque Nationale...), c'est surtout au XIXe siècle
qu'elle est systématiquement recueillie.
Le
décret Fortoul du 13 septembre 1852 inaugure l'ère des grandes
collectes et des études systématiques. Sous napoléon, une grande enquête
est en effet lancée, visant à sauvegarder ce patrimoine de chansons en
langue française. Parmi de nombreux travaux (de
valeur très inégale), on retiendra surtout les synthèses de Patrice
Coirault.
Deux
catalogues peuvent actuellement guider les recherches concernant la chanson.
L'index
analytique de Patrice Coirault est conçu comme un fichier d'orientation
bibliographique au travers de sources imprimées et manuscrites
.
L'approche est littéraire: hiérarchisée en rubriques parfois en
sous rubriques, puis en chansons types dont l'argument est brièvement
résumé.
Ce
fichier est en cours de révision pour publication (voir le lien avec la
Bibliothèque Nationale, dans les » sites favoris »)
Le
second ouvrage disponible est du canadien Conrad Laforte ( six volumes
publiés entre 1977 et 1987). Après un examen préliminaire de plus de 80
000 pièces, l'auteur les classe en six catégories poétiques
Les
attributions sont parfois difficiles.
Au
niveau des sources, Laforte met à disposition un dépouillement inestimable
des grandes archives sonores canadiennes.
voici un exemple de différentes versions pour ce branle:
cliquez ici pour avoir
Mon
beau laboureur en MP3
cliquez pour avoir le texte de
mon beau laboureur
en voici une version plus ancienne,
illustrée avec la partition :
pour cette forme type , voici les références répertoriées sous le titre
"mon beau laboureur "ou "marguerite, ma mie"
Ainsi, les chansons que je donne ici pour ceux qui veulent les apprendre,
ne sont qu'une version parmi de très très nombreuses... elles se dansent
différemment selon les régions où elles ont été recueillies.
Les chansons à répondre:
Il
s'agit d'une technique de chant alterné, utilisée surtout dans la danse en
rond –( mais aussi dans la marche)‑, et qui partage le chant entre les
danseurs. Un ou une soliste lance la phrase musicale, à laquelle répondent en
choeur les autres danseurs.
Connue
dès le Moyen Âge, elle s'est maintenue en de nombreuses régions qui
avaient conservé une pratique de la ronde chantée
jusqu'au XIXe siècle, ou XXe (Ardennes, Champagne, pays messin,
Normandie, Bretagne, Poitou, Vendée, Berry, Landes, Béarn).
voici quelques textes de chansons,
et que nous aimons chanter à l'atelier chant du groupe ESTRAD, que vous avez certainement pu entendre en bal
folk...
Ridée 8 temps (Bretagne)
Jean
marie en MP3, voix:
Jocelyne Carré, Annick Bideault
voir le texte dela chanson
jean marie
ROND
DE ST VINCENT (BRETAGNE)
Y'en a 10 chez
nous, voyez comme ils regardent
Et d’y faire
comme nous ils n’en sont pas capables
Y'en a 10, chez
nous voyez comme ils regardent
Et d’y faire
comme nous ils n’en sont pas capables
feront ils pas
comme nous en attendant en espérant
feront ils pas
comme nous en attendant le point du jour
y'en a 9 chez
nous….(chant à décompte)
j'avais
pas 10 ans que je pêchais l'anguille
pour
en faire un présent à toutes ces jolies filles
j'avais
pas 10 ans que je pêchais l'anguille
pour
en faire un présent à toutes ces jolies filles
assis
sur les joncs je leur parle d'amourette
et
je les divertis avec mes chansonnettes....
--------------------------------------------------------
Je mène les loups,bourrée
en MP3, voix: Isabelle Pichot, Annick Bideault
scottish
D'où viens-tu, viens-tu ,p'tit bonhomme
D'où viens-tu, viens-tu ,p'tit bossu
Je viens de la noce
Remplir ma bosse
J'ai tant bu et tant mangé
Qu'ma bosse est percée
pach pi de Pleuc
en MP3,
voix Jocelyne Carré, Annick Bideault
A lorient vient d’arriver
A lorient vient d’arriver
(3 beaux
navires tralalalala
3 beaux
navires chargés de blé) bis
3 dames
s’en vont les marchander
3 dames
s’en vont les marchander
marin
marchand trala lalala
marin
marchand combien ton blé ?
je le vends
10francs la saquée
je le vends
10francs la saquée
ça fait pas
cher trala lalala
ça fait pas
cher si c’ est bon blé
Entrez madame
vous le verrez
Entrez madame
vous le verrez
La plus jeune
eut trala lalala
La plus jeune
eut le pied léger
Dedans la
barque elle a sauté
Dedans la
barque elle a sauté
Le marin au
trala lalala
Le marin au
large a poussé
La belle
s’est mise à pleurer
La belle
s’est mise à pleurer
Arrête arrête
trala lalala
Arrête arrête
bon marinier
Car
j’entends ma mère m’appeler
Car
j’entends ma mère m’appeler
Et les petits
trala lalala
Et les petits
enfants pleurer
Taisez vous
la belle vous mentez
Taisez vous
la belle vous mentez
Jamais
d’enfant trala lalala
Jamais
d’enfant n’avez porté
S’il plait
à dieu vous en aurez
S’il plait
à dieu vous en aurez
Ce s’ra des
ptits trala lalala
Ce s’ra des
petits mariniers
ELEMENTS
DE TECHNIQUE VOCALE
 |
 |
Généralités sur la voix

Combien ai-je de cordes vocales ?
Nous possédons tous deux cordes vocales.
Nos cordes vocales sont situées dans le larynx, à la hauteur de la
pomme d'Adam. Ces deux muscles ont une longueur de 14 à 19 mm pour
les femmes et 18 à 24 mm pour les hommes. Les cordes vocales vibrent
en symétrie afin de créer le son. Plus elles sont petites et plus la
voix est haute. L'aspect physique n'est pas toujours en rapport avec
la longueur des cordes vocales, pensons à Luciano Pavarotti (ténor)
qui a une corpulence imposante mais dont les cordes vocales sont
courtes et souples.
Vous avez besoin de vos deux cordes vocales jumelles et en symétrie
pour projeter un son en santé. Si une seule corde est blessée, c'est
tout le son qui disparaît.
Pourquoi ma voix semble devenir plus grave le matin ?
Parce qu'après une nuit de sommeil vos cordes vocales ont les
mêmes symptômes que tous les muscles de votre corps; elles ne sont
pas assouplies et sont aussi relâchées.
Avant tout, vous devez savoir que vos cordes vocales subissent
quatre transformations selon que vous chantiez des sons aigus ou
graves. Dans le registre aigu, les cordes vocales sont plus longues,
plus minces, plus tendues et plus rapprochées entre elles. Dans le
registre grave les cordes vocales sont plus courtes, plus grosses,
plus détendues et plus éloignées entre elles. Ces transformations
existent aussi avec tous les instruments à cordes.
Après une nuit de sommeil, vos cordes vocales sont complètement
détendues et peut-être même un peu enflées, soit par le ronflement
ou une respiration buccale provoquée par un nez congestionné ou une
toux due à un rhume. Elles pourraient aussi être recouvertes de
mucus accumulé par l'écoulement nasal. Cela provoque donc des sons
graves !
Au début de la journée, après avoir parlé un peu, vos cordes vocales
vibrent et nettoient donc les saletés qui s'y trouvent. De plus en
plus vos cordes recommencent à s'étirer et reprendre leur souplesse,
ainsi vous retrouvez votre timbre de voix habituel.
Pourquoi je ne reconnais pas ma voix sur un enregistrement ?
Parce que vous n'entendez pas les résonances de votre voix
interne sur un enregistrement.
D'abord vous devez savoir que la gorge, les oreilles et le nez sont
reliés par des canaux ouverts et communiquent ensemble aisément.
Voilà pourquoi il existe des oto-rhino- laryngologistes qui soignent
les trois.
Si vous ne reconnaissez pas votre voix sur un enregistrement c'est
parce que la voix qui passe dans le larynx entre déjà dans l'oreille
par le tympan interne avant même de sortir de la bouche. Faites
l'exercice de boucher vos oreilles avec vos doigts et dites votre
numéro de téléphone...La voix grave que vous entendez est celle que
nous appellerons la voix interne. Vous êtes la seule personne au
monde capable d'entendre cette portion de votre voix. Autrement dit,
lorsque vous parlez ou chantez, vous entendez toujours l'addition de
deux voix : la voix interne et la voix externe. Cette dernière est
celle que vos auditeurs connaissent comme étant votre voix et qui se
retrouve aussi sur un enregistrement, comme par exemple votre boîte
vocale...
Qu'est-ce qui fait que ma voix casse lorsque je parle ou que
je chante ?
La voix casse lorsqu'une de mes deux cordes vocales ou les deux
ne peuvent plus vibrer librement.
Lorsque mes deux cordes vocales s'entrechoquent à cause de mucus (la
symétrie n'est plus), lorsqu'il y a serrement de la gorge (position
malsaine de la tête), ou lorsqu'une tension au niveau de la mâchoire
crée un gonflement de ma langue (partie cachée dans le larynx).
C'est ce qui provoque l'impression de cassure, comme si quelqu'un
posait sa main sur les cordes d'une guitare pendant qu'un guitariste
en joue.
Pourquoi ma voix sonne mieux dans une église ou une salle de
bain ?
À cause des matériaux qui font "rebondir" le son en écho.
Le son voyage jusqu'à ce qu'il soit absorbé par un obstacle. Dans
une église ou une salle de bain, les matériaux sont principalement
le bois, le ciment et le marbre, donc le son rebondit, créant ainsi
l'écho. La projection vocale est amplifiée et les défauts sont
camouflés plus facilement.
Dans une salle de concert, les rideaux, le tapis, les bancs, le
public joueront un rôle " absorbant " pour le son. Ce sont eux qui
en contrôlent l'acoustique.
Pourquoi les Québécois ont-ils des voix "naturelles" ?
À cause de notre façon naturelle de prononcer nos voyelles tout
en rondeur.
Certains peuples ont des prédispositions qui leur donnent plus
d'avantages que d'autres. Pourquoi? Il s'agit de la phonétique, de
l'aspect physique et de la culture du peuple en question.
La phonétique des voyelles utilisées en rondeur pour le chant est
plus ou moins voisine de la langue parlée d'un peuple. Par exemple,
les peuples asiatiques parlent leur langue de façon très nasale,
ainsi pour eux, chanter est rarement naturel. Ils doivent apprendre
cette nouvelle manipulation de la voix afin de " focusser " dans la
bouche les sons chantés.
Nous, les Québécois, qui parlons la même langue que nos cousins
d'Europe, plaçons naturellement nos voyelles parlées plus près de la
prononciation chantée, en y mettant beaucoup de rondeur
contrairement aux Européens. Notre plus grande difficulté, au niveau
de la phonétique de la langue française, concerne les sons nasaux (un,
en, in et on) que l'on retrouve abondamment,
laissant croire à plusieurs personnes qu'il est plus facile de
chanter en anglais ou en italien...
La culture d'un peuple a aussi beaucoup à voir avec les
prédispositions artistiques de celui-ci. Ainsi, en tant que
Québécois, notre âme de bons vivants et de peuple expressif nous
donne quelques avantages naturels au niveau de l'interprétation des
textes chantés.
Qu'est-ce que je peux manger ou boire avant un spectacle
pour ne pas nuire à ma voix?
Tout ce qui ne collera pas sur vos cordes vocales ou dans le
larynx.
D'abord, il est excellent de mâcher un peu de gingembre frais et de
le diluer dans l'eau ou de boire de l'eau citronnée. Buvez de l'eau
à la température de la pièce et n'ajoutez surtout jamais de glace,
ce qui va à l'encontre du réchauffement vocal.
En général, certains aliments sont ne sont pas recommandés car ils
provoquent l'apparition des mucus non désiré, comme par exemple :
les produits laitiers, les aliments gazeux (salades, concombres,
pommes, breuvages etc.), tous les aliments contenant du sucre et les
breuvages trop acides.
Comment puis-je faire pour me débarrasser de mon trac avant
de faire un exposé oral ou avant d'entrer en scène?
Il ne faut surtout pas se débarrasser du trac! Le trac est une
source d'énergie nécessaire à la performance.
En effet le trac est votre batterie, il faut simplement l'utiliser à
bon escient pour qu'elle vous " énergise ". Quelques heures avant
une performance certains chanteurs ont une baisse d'énergie et
iraient volontiers dormir au lieu d'entrer en scène. Leur corps
emmagasine l'adrénaline dont ils auront besoin plus tard. En
revanche, d'autres chanteurs débordent d'énergie et la gaspillent en
nervosité. Il faut se détendre et respirer à fond afin de canaliser
cette adrénaline.
Sur scène le trac se manifeste souvent par des tremblements. Il
suffit de faire un discret transfert de poids pour diminuer le
tremblement des jambes et de changer le microphone de main afin
d'offrir une détente aux muscles contractés. Il est normal que notre
bouche soit plus sèche à cause de la respiration accélérée par le
rythme cardiaque élevé. Respirez à fond et détendez-vous! Commencez
votre tour de chant par une chanson qui a du mordant et qui vous
permettra de danser un peu, vous détendra et cachera les signes de
trac.
L'aspect médical de la voix

Que sont les nodules?
Le nodule est une lésion bénigne semblable à une ampoule sur les
cordes vocales.
Le nodule est provoqué par la répétition d'un mauvais mécanisme
vocal. Il existe d'autres formes de plaies vocales telles que les
polypes, qui ressemblent au nodule, mais qui sont plus fibreux, plus
difformes et plus sanguinolents. Les cris aigus et le tabagisme
peuvent être la cause de ce genre de malaise.
Quels sont les ennemis de la voix ?
- La cigarette
- Les courants d'air
- Les chuchotements et les hurlements
- Les longues discussions au téléphone
- L'air climatisé
En effet les longues conversations téléphoniques, les chuchotements
et les hurlements, la consommation de cigarette et les changements
climatiques subits provoquent une fatigue vocale entraînant
l'enflure des cordes vocales.
Qu'est-ce qui provoque l'extinction de voix ?
Lorsque les cordes vocales souffrent d'enflure et ne peuvent plus
vibrer.
Il peut s'agir d'une toux répétée qui oblige vos cordes vocales à se
frapper entre elles, provoquant donc de l'enflure, d'une fatigue due
à l'utilisation abusive de vos cordes vocales (comme les discussions
dans une discothèque, cris d'animation sans microphones, cris de
colère etc.) ou de simples courants d'air. Toutes ces situations
sont sources d'inflammation et peuvent provoquer l'extinction de
voix. Vos cordes vocales souffrent alors d'une enflure importante,
se touchent et n'arrivent plus à vibrer afin de créer le son. Les
seuls sons que vous arriverez à produire lors d'une extinction de
voix seront quelques notes aiguës provoquées par l'étirement extrême
et l'amincissement de vos cordes vocales permettant ainsi leur
vibration.
Quel est le meilleur remède contre les extinctions de voix ?
Le silence.
Lorsqu'on parle de silence, cela signifie le repos complet.
Attention! Il ne faut surtout pas chuchoter en pensant économiser
votre voix, car la pression d'air excessive appliquée sur les cordes
vocales lors du chuchotement ressemble à une tempête sur les voiles
d'un voilier. Bref, il est beaucoup plus dommageable pour les cordes
vocales de chuchoter que de parler.
Dans le cas d'une laryngite, n'allez surtout pas vous fier aux
pastilles vendues commercialement. Gargarisez-vous plutôt avec de
l'eau et du sel ou utilisez le gargarisme Stérisol vendu dans les
bonnes pharmacies. De plus, certains produits homéopathiques
soulageront vos malaises. En cas de fièvre et si votre mal persiste,
consultez votre médecin.
L'aspect technique de la voix

Combien y a-t-il de registres de voix ?
En général nous classons les voix humaines dans six registres.
Les registres de voix chez la femme sont : soprano (plus aiguë),
mezzo-soprano (au centre) et contralto (plus grave). Chez les hommes
les registres sont : ténor (plus aiguë), baryton (au centre) et
basse (plus grave). Il existe aussi les castrats et les
contre-ténors qui imitent de près les voix féminines.
De plus, dans un même registre vocal on peut distinguer plusieurs
timbres ou couleurs de voix.
Du plus léger au plus sombre :
| VOIX FÉMININES |
|
| |
|
| Soprano |
- Colorature (ou Soubrette)
- Lyrique
- Spinto
- Dramatique
|
| Mezzo-soprano |
- Colorature
- Léger ou Lyrique proprement dit
- Dramatique
|
| Contralto |
- Alto bouffe
- Contralto dramatique
|
| VOIX MASCULINES |
|
| |
|
| Castrats ou Contre-ténors |
- Imitant les voix de femmes
|
| Ténor |
- Léger
- Lyrique
- Noble
- Dramatique
|
| Baryton |
- Léger (baryton-Martin)
- Lyrique (baryton-Verdi)
- Baryton basse ou dramatique
|
| Basse |
- Bouffe
- Lyrique (ou basse chantante)
- Profonde (ou basse noble)
|
Quelle différence y a-t-il entre le vibrato, le trémolo et
le wobble ?
Trois effets sonores différents appliqués sur la voix.
Le vibrato est provoqué par un rebondissement énergique du
diaphragme situé sous les poumons. C'est la meilleure façon de faire
vibrer sa voix. Le trémolo est provoqué par une tension de la langue
dans le larynx qui provoque un chevrotement rapide du son. Cette
utilisation n'est donc pas recommandée.
Le "wobble" est provoqué par une tension trop relâchée du diaphragme
entraînant une note chantée qui oscille sur une quinte et qui vibre
trop lentement. Les personnes très âgées chantent souvent avec cet
effet vocal non désiré.
Qu'est-ce qui provoque la mue chez les jeunes hommes ?
Une poussée de croissance accrue qui trouble la mémoire des
cordes vocales.
Il faut savoir que les femmes aussi ont une mue de la voix. La
poussée de croissance chez les adolescents développe rapidement tous
les muscles de leur corps. Les cordes vocales subissent donc aussi
cette croissance subite. Ainsi la mémoire de vos cordes vocales est
déprogrammée et les cordes vocales se cognent entre elles et ne
peuvent plus appliquer les automatismes de leur voix d'enfant. Seul
le temps pourra créer de nouveaux automatismes.
Qu'est-ce qui détermine la justesse de mes notes chantées ?
L'échelle chromatique des gammes utilisées dans la musique
occidentale.
Notre musique occidentale est créée à partir d'une échelle
chromatique de 12 notes appelées demi-tons. Sur le piano vous
pourrez voir les 7 notes blanches et les 5 notes noires. Cependant,
entre chacun de ses demi-tons il existe 9 autres notes de passage
appelées " commas ". Notre oreille musicale occidentale accepte que
nous chantions sur la fréquence de la note exigée. Nous pouvons même
tricher de 1 ou 2 commas au dessus de cette note par mesure de
sécurité. Cependant, un seul comma sous la note et... nous faussons.
Considérant que le son a du poids, il faut donc viser ses notes
comme un jeu de fléchettes ou un jeu de poches afin de bien viser
au-dessus de la fréquence de note demandée.
La musique orientale est bien différente dans son échelle de notes
et exige même de chanter certains de ces commas. Voilà pourquoi elle
nous semble étrange et même fausser occasionnellement.
Pourquoi les chanteurs doivent-ils vocaliser ?
Pour le réchauffement vocal ainsi que le développement des
automatismes techniques.
Les chanteurs vocalisent pour deux raisons. Tout d'abord c'est pour
mettre en mémoire les nouvelles techniques vocales apprises durant
les cours de chant et pour créer de nouveaux automatismes. Puis
elles serviront au réchauffement vocal qui est primordial avant
toute performance. Comme un sportif, le chanteur doit préparer et
assouplir son corps afin d'éviter les blessures.
Il est recommandé de vocaliser de 20 à 30 minutes par jour avant de
chanter. Un réchauffement de 3 heures consécutives par semaine n'est
pas du tout efficace pour créer de nouveaux automatismes. De plus il
représente un effort soutenu sur une trop longue période de temps,
ce qui est très mauvais pour la santé vocale.
Comment font les chanteurs pour contrôler leur souffle?
C'est grâce au contrôle du diaphragme.
Le diaphragme est un muscle situé sous les poumons, qui contrôle le
débit du souffle. Cette paroi, qui a la forme d'un ?il (vu de haut)
et qui est épaisse comme une tranche de steak (vu de face), est le
muscle le plus fort de votre corps et c'est grâce à lui si vous
pouvez vous tenir debout en équilibre sur vos deux jambes. C'est
aussi lui qui provoque la toux, le hoquet, le vomissement, les
rires, les flatulences et autres réactions du corps. Il ne faut pas
confondre le diaphragme avec les abdominaux qui se trouvent dans la
partie avant du ventre. Par ailleurs, il est tout à fait faux de
croire que notre ventre se remplit d'air lorsqu'on inspire. C'est
tout simplement le diaphragme qui pousse nos organes vers le bas
donc, qui provoque le gonflement.
Sachez que lorsque vous inspirez l'air dans vos poumons, le
diaphragme est poussé vers le bas et ne demande qu'à revenir vers
son point de départ. Voilà pourquoi, quand vous chantez, en vous
appuyant vers le bas, vous contrôlez la quantité d'air que vous
désirez relâcher graduellement afin de ne pas manquer de souffle à
la fin des phrases.
Le microphone

Est-ce vrai que le chanteur d'opéra n'utilise pas de micro ?
Vrai.
Tout d'abord l'opéra a vu le jour avant même que le microphone
n'existe. De surcroît, le chanteur d'opéra n'en a pas besoin
puisqu'il place sa voix dans les résonateurs de tête, ce qui lui
permet d'amplifier naturellement sa projection vocale de beaucoup,
contrairement au chanteur populaire sans son microphone.
C'est pourquoi, dans l'Histoire, l'opéra fut sur scène en
premier...Avant l'existence du micro, la chanson, de son côté, se
pratiquait traditionnellement dans les salons et se transmettait de
génération en génération.
Qui a inventé le premier micro ?
Le premier microphone fut inventé et breveté le 4 juin 1877 par
Emile Berliner. Les américains prône que c'est Edison le premier
inventeur du microphone.
Il s'agissait plus d'un transmetteur que d'un microphone pour
l'enregistrement ou la captation musicale. La technologie prendra
plusieurs dizaines d'années avant de pouvoir arriver à capter de
façon convenable la voix chantée.
Dans le dictionnaire Trévoux publié en 1732 le mot microphone
existait avant l'objet même (Mikros - petit et Phônê- voix, son).
Comment place-t-on correctement le micro devant la bouche?
Le micro doit être placé droit devant la bouche et sous la lèvre
inférieure, la tête du micro suivant le creux du menton.
La tête du microphone qui serait positionnée directement devant les
lèvres provoquerait l'éclatement des consonnes " P " dans la salle.
L'angle du micro doit être diagonal afin de ne pas cacher le visage
du chanteur. Les doigts sont positionnés au milieu du manche (et non
sur la tête du micro) de la façon suivante; le pouce sous le manche
et les quatre autres doigts sur le micro. Il n'est pas recommandé de
mettre le petit doigt sous le manche ce qui soulève le micro et
cache l'expression du chanteur. Lorsque le chanteur projette un son
puissant, il doit reculer le microphone de sa bouche afin d'éviter
la distorsion des sons et le rapprocher dans les sons plus doux.
Comment choisir un bon micro?
Il existe sur le marché musical une panoplie de micros pour les
chanteurs.
Nous vous suggérons d'aller dans un magasin spécialisé pour essayer
et choisir le microphone qui vous conviendra le mieux.
Voici quand même quelques suggestions;
Dans la catégorie des micros avec fil, les
compagnies; Audio Technica, Shure, Sennheiser,
Beyer et Audix offrent les meilleurs micros pour
chanteurs. Le coût variera entre 140$ et 500$.
Pour ce qui est des micros sans fil, qu'ils se
tiennent dans la main ou qu'ils soient des micros casques, les deux
compagnies qui se démarquent sont ; Audio Technica et
Shure. Vous les payerez entre 250$ et 900$. |
Le chant
traditionnel n'exclue pas de connaître quelques rudiments de technique
vocale, si on veut chanter longtemps, sans se faire mal, plusieurs soirs de
suite, sans ressentir de brûlures à la gorge.
la
relaxation est très importante pour chanter, et le bâillement est un
bon moyen de se mettre en voix
chanter après avoir bâillé :
Cette utilisation du bâillement ne peut que détendre
le chanteur en général, sa cavité buccale et sa mandibule en
particulier.
Il serait de très mauvaise foi d'affirmer qu'un chanteur venant de bâiller
ne peut chanter que de manière morne et endormie.
Certains chanteurs ne seront jamais trop détendus
pour chanter. Tous les moyens sont bons pour les faire parvenir à cette détente.
Tout professeur a eu l'occasion de dire à un tel élève qu'il n'a jamais
aussi bien chanté que ce jour où il était si épuisé.
Le réflexe du bâillement n'est d'ailleurs pas
destiné à endormir, mais au contraire à lutter contre l'envie de dormir,
grâce à la ré oxygénation qu'il provoque.
Bâillement et langue
Si l'on souhaite utiliser le bâillement pour préparer
l'acte vocal, il est souhaitable de garder la pointe de la langue en avant
en bâillant, voire de "tirer la langue".
Sinon, le recul de la langue peut être associé à la détente apportée
par le bâillement, et l'on combine alors un conditionnement négatif à un
conditionnement positif.
Détente bucco-pharyngée
La détente bucco-pharyngée
concerne aussi bien les joues que l'arrière de la bouche ou la mandibule.
Cette détente se traduit par une élévation
du voile du palais et une légère descente du larynx, mais sans qu'élévation
ou descente soient volontairement provoquées.
La détente bucco-pharyngée vise deux buts complémentaires :
- "poser" la voix sur le souffle, en
contact direct et le plus large possible, comme si la largeur de
l'ouverture de la gorge devait répondre à la largeur du diaphragme,
- laisser la résonance de la voix s'épanouir le
plus pleinement et le plus naturellement possible, sans la réduire en
prétendant la diriger vers tel ou tel point du corps où la voix serait
"placée".
La détente bucco-pharyngée évite au chanteur de
prendre des APPUIS PARASITES sur telle ou telle partie de la
bouche ou de la gorge.
Elle permet la réalisation d'images telles que :
- "chanter à partir du ventre",
- "imaginer qu'il n'y a rien entre le ventre
et le point d'impact - l'accroche haute - de la voix",
- "chanter au-dessus du palais",
- "imaginer que le son monte à travers le
palais",
- "chanter uniquement avec l'air contenu dans
la bouche".
Sans détente bucco-pharyngée, il serait très
difficile de laisser "flotter" un son, de le filer .
Plus simplement, il serait difficile d'homogénéiser les différents
timbres vocaliques - la couleur et la "place" des différentes
voyelles.
La détente bucco-pharyngée empêche la
nasalisation et le serrement de gorge
Il n'est pas du tout superflu, pour un débutant,
de contrôler consciemment et régulièrement sa détente buccale.
Une telle
contrainte, si elle va contre la spontanéité vocale, peut faire gagner
bien du temps en obligeant à construire sa voix dans la détente
dès le départ.
LA LANGUE ET L'ACCROCHE
DE LA VOIX
La langue contre les dents du bas
À ma connaissance, tous les ouvrages consacrés
au chant, sans exception, conseillent de garder la pointe de la langue à
l'avant de la bouche, contre la base (ou le haut selon certains)
des dents du bas.
Il serait regrettable que tous les maîtres se trompent. Heureusement, ce ne
semble pas être le cas.
Étant donné l'universalité de ce principe, il est par contre étonnant
que tant de chanteurs ne le respectent pas. Cela réclame certes un peu de
concentration au début, puis un contrôle épisodique, mais l'effort est
raisonnable, et le coût presque nul, puisqu'il se limite à celui d'un
miroir de taille moyenne. Songeons qu'une telle acquisition peut faire économiser
des milliers de francs de cours de chant!
Il est cependant indispensable d'adapter ce principe à la morphologie de
chacun, afin de ne pas tirer sur une langue trop courte, et de ne
pas grossir une langue trop longue, que l'on fera bien mieux de laisser
passer par-dessus les dents du bas, au moins sur la voyelle [a], qui
requiert le plus grand dégagement de la cavité buccale. Si l'on craint de
laisser remonter la langue, on pourra maintenir un léger contact
entre le dessous de la langue et l'arête des incisives du bas.
La priorité doit toujours être de sortir la langue de la gorge, et non
de maintenir la langue derrière les dents du bas, ce qui serait
contre-productif! Tant que la langue est sortie dans un mouvement de
"faux vomissement", vers l'avant puis vers le bas, mais avec une
courbure constamment convexe vers le haut et tant qu'elle ne tire pas
sur le larynx, il n'y a aucun inconvénient à laisser la langue passer
par-dessus les dents du bas. Elle ne fera ainsi qu'accompagner le son.
Le réflexe de sortir la langue en cas de difficulté vocale est
loin d'être naturel, mais oblige le chanteur à contrôler son émission en
maintenant le subtil équilibre entre une résonance haute et un
soutien bas et large du souffle.
Il faut à tout prix combattre le réflexe inverse, où l'on croit se protéger
en rentrant sa langue, ce qui va hélas boucher le son et asphyxier peu à
peu le chanteur!
Sortir légèrement la langue accompagne au contraire à merveille le
franchissement du passage.
Garder la voix devant
Bien des défauts vocaux trouvent leur origine
dans une mauvaise position et/ou une mobilité insuffisante de la langue.
La cause générale en est la suivante : la pointe de la langue se relève
et/ou la langue recule dans la bouche.
Le son va alors se former derrière la langue - derrière la pointe
de la langue ainsi remontée.
Les voyelles en sont moins distinctes.
La voix y perd en projection.
L'auditeur la situe souvent "dans les joues" ou "dans la
gorge" du chanteur.
Or, c'est souvent ce qui se produira si vous accordez la priorité au précepte
de la langue plate : comme vous interdisez à la langue de monter en se
courbant de manière convexe, elle va plutôt reculer et s'épaissir.
C'est toujours au moment où la pointe de la langue ne devrait absolument
pas remonter qu'elle le fait :
- pour un aigu,
- sur une fin de phrase,
- pour chanter piano,
Ce sont hélas justement les cas où il importe de ne pas reprendre
ou décaler sa voix :
- Il faut placer l'aigu dans la continuité de ce qui précède.
- Il ne faut pas avaler ses fins de phrase mais les porter
jusqu'à leur terme.
- Il ne faut pas avaler sa voix pour chanter moins fort.
L'abaissement du larynx
Le son se formera également derrière, voire
"dans" la langue, si vous cherchez à abaisser volontairement le
larynx en appuyant sur lui la racine de la langue.
Mais la conséquence la plus grave résidera ici dans l'action même qui est
indûment recherchée : le larynx sera "écrasé".
La
vibration des cordes vocales en sera rendue moins libre, moins pure.
Le son
paraîtra grossi, voire étouffé - un peu comme quand on abaisse le feutre
de la pédale douce sur les cordes d'un piano.
Corriger une langue qui recule ou rebique
L'image idéale de la langue plate, pointe
contre les dents du bas, est bien connue.
Vouloir obtenir directement et
volontairement cette position revient cependant à se condamner à l'échec.
En effet, une telle action ne pourrait s'accomplir sans tension. La tension
ajoutée pour aplatir la langue et la forcer à rester en avant a des conséquences
largement aussi néfastes sur le timbre et la ligne vocale que celles d'une
langue qui recule.
Par contre, si l'on pense simplement à envoyer la langue le plus en avant
possible, même par-dessus les dents du bas, elle reviendra spontanément à
une position calme derrière les dents.
Si ce travail volontaire de la langue peut faire faire des progrès,
d'autres progrès seront ensuite réalisés quand on pourra à nouveau
oublier la langue. Parfaitement détendue, elle prendra à nouveau les
positions que le cerveau lui dictera, à un niveau qui affleurera à peine
à la conscience.
Le seul fait de dégager la langue peut faire ressentir une accroche
antérieure de la voix, "dans les dents", "dans le
masque" etc.
avancer la langue
Décrocher la mâchoire en projetant la langue en avant, tout en
conservant sa pointe contre les dents du bas.
Faire ce mouvement plusieurs
fois de suite. Cela revient plus ou moins à former la voyelle [i], et
habitue la langue à avancer tout en restant en contact avec les
dents du bas, à travers tout mouvement de la mâchoire.
chanter les narines fermées
Un excellent truc, pour contrer une tendance de la langue à
intervenir ou à reculer, est de chanter le passage faisant problème en
expiration pure, contre les narines fermées entre le pouce et
l'index. Cela peut faire merveille à travers le passage!
En effet, la peur de l'aigu peut faire reculer la langue et tenir
le son.
La fermeture des narines offre une sorte de substitut de cette
fermeture défensive de la gorge.
Sécurisé par cette fermeture
des narines et les sensations (les vibrations sympathiques) qui
l'accompagnent, le chanteur peut laisser sa gorge parfaitement ouverte et détendue.
Il "suffit" ensuite de conserver cette parfaite détente de la
langue (une quasi absence!) en émission normale.
Il s'agit avant tout de sortir le son de la gorge, de le faire passer par-dessus
la langue.
Utiliser un miroir
L'utilisation d'un miroir présente l'avantage de ne pas concentrer le
chanteur sur sa langue - non plus que sur sa mâchoire.
Il ne faut en effet rechercher aucune sensation dans la langue,
excepté celle du contact avec les dents du bas, et encore, seulement au début,
si ce n'est pas spontané.
Lorsque l'on chante un morceau, il n'est pas non plus envisageable de
garder une conscience permanente de la position de sa langue sur chaque
voyelle
Accroche haute et antérieure
Accroche et non placement
Pourquoi parler d'accroche et non plus de placement?
"Placement" est un terme très général. L'accroche haute et antérieure
doit faire partie du placement d'une voix, mais ne doit pas être exagérée :
c'est une toute petite partie de la voix, presque seulement un moyen de
contrôle pour le chanteur - mais c'est cependant grâce à elle que
l'auditeur percevra un timbre équilibré et comprendra les paroles!
Parler de "placement haut" pourrait faire croire que toute la
voix doit être "placée" quelque part en hauteur, ce qui
risquerait de la couper du corps du chanteur et de la priver de son
"centre".
L'idée d'un "placement antérieur" risque de tirer la voix du
côté de la variété, avec une surarticulation, un détimbrage, un
serrage...
Placement sur [i]
La place vocale correspondant à cette accroche haute et antérieure est
celle du [i].
[i] est la meilleure et la pire des voyelles.
Pour un débutant, sauf s'il a un [i] naturel, le [i] présente de
nombreux dangers :
-
Comme le [i] résonne très haut, très en avant, de manière plus légère
que toute autre voyelle, une tendance naturelle possible va être de ne
pas LE SOUTENIR
-
Comme on recherche avec le [i] un son très antérieur, une autre
tendance sera de fermer la gorge, et de fermer la cavité buccale en
remontant la langue au-delà des exigences acoustiques de formation du
[i].
Le [i] sera alors "serré".
-
L'incapacité à trouver la résonance haute et libre du [i] peut
aussi produire une sorte de [y] détimbré
Une fois que le [i] a trouvé sa place haute dans une bouche détendue,
et qu'il peut être soutenu comme n'importe quelle autre voyelle, il devient
une excellente voyelle de contrôle et de travail.
- "placer le [a] sur le [i]".
Trouver cette accroche haute sur [i] correspond en effet à
"penser" ou à "mettre" un peu de [i] dans toute voyelle
ouverte, afin de ne pas la laisser s'engorger.
Nasalité antérieure
Cette accroche haute donne une légère impression de NASALITE.
L'impression est que le son monte dans le nez par devant, par conduction osseuse
(vibration sympathique) à partir de la mâchoire supérieure (de la
gencive) plus encore que du palais dur.
Montrer les dents
De telles images de sons "méchants" invitent à dégager un
peu les dents, c'est-à-dire à retrousser et avancer un peu les lèvres.
Un chanteur néglige souvent ses lèvres, or leur influence sur le timbre
et sur l'intelligibilité des paroles est grande.
Cela ne doit cependant pas inciter à agir directement sur elles. L'image de
l'agressivité, comme celle de la sensualité, permet d'agir indirectement
sur les lèvres, en les laissant parfaitement souples.
Bouche fermée et dents serrées
Pour obtenir l'accroche haute, si l'on travaille bouche fermée, il faut :
- d'abord rechercher des sensations antérieures et hautes très localisées,
avec les dents presque serrées,
- ensuite seulement détendre la bouche, tout en conservant la sensation
d'accroche haute et antérieure.
Chanter "au-dessus du palais"
L'image de "chanter au-dessus du palais" peut être traduite
littéralement en exercices.
Il ne s'agit pas de chanter seulement dans le palais, même s'il
s'agit de l'avant du palais dur.
Le résultat est très différent si l'on
cherche à éprouver l'impression que le son s'échappe à travers
le palais, sans cogner dedans, sans être plafonné.
Il ne suffit même pas que le son monte à travers le palais dur : il
faut qu'il traverse la gencive (c'est à dire la mâchoire) supérieure, au
niveau des incisives
En fait, plus cette "accroche" sera fine et précise, plus on
pourra l'oublier pour se préoccuper du reste. C'est simplement un élément
qui doit être présent dans la voix en permanence, ce n'est pas toute la
voix.
Chanter à travers le nez pour ne pas chanter dedans
Paradoxalement, pour ne pas nasaliser, il peut être efficace de penser
que l'on envoie sa voix dans le nez, c'est à dire à l'emplacement physique
du nez, à l'avant du visage. C'est le meilleur moyen de ne pas envoyer réellement
sa voix dans le nez, c'est à dire dans les fosses nasales, en passant par
derrière le voile du palais. L'impression est plutôt d'envoyer la voix
"à travers le nez", c'est à dire derrière les incisives.
Chanter les narines ouvertes
De la même manière, il est généralement positif de conserver les
narines toujours largement ouvertes, comme si l'on inspirait par le nez en même
temps que l'on chante. C'est très logiquement le meilleur moyen de ne pas
chanter par le nez, c'est à dire d'éviter qu'un flux d'ondes sonores sorte
du nez!
Équilibre de résonance
Les deux techniques décrites ci-dessus correspondent à un placement de la voix dans
ce qu'on appelle "le masque"
On remarquera que :
- La première est fondée sur un mouvement vers l'extérieur.
- La deuxième est fondée sur un mouvement vers l'intérieur.
La combinaison ou l'alternance entre ces deux techniques est donc apte à
entretenir l'équilibre que constitue un chant résonnant et soutenu!
- Extrait de "Berry", un gros pavé paru aux Editions Bonneton (1994), sur les chants et danses en Berry.
La chanson populaire
- C'est à l'invention naturelle et spontanée de poètes anonymes que nous devons nos airs et nos chants rustiques, imprégnés d'une délicieuse saveur locale qui demeure inimitable.
Si beaucoup des couplets de nos chansons ne semblent pas particuliers au Berry, la musique, en revanche, présente une couleur locale bien déterminée. La musique berrichonne porte l'empreinte du sol sur lequel elle a vu le jour, certes nos bergers, nos laboureurs, n'avaient sous leurs yeux qu'un cadre restreint, mais suffisamment doux et calme pour faire vibrer leur grande sensibilité ; ici, c'est la plaine, ses cultures, ses pâturages, un canal avec ses lignes droites bordées de peupliers, canal sur lequel glissait jadis les bateaux lents des mariniers ; là, c'est un superbe étang couvert de nénuphars, une rivière bordée de saules, un vallon verdoyant, une colline peu élevée, de petits villages dispersés avec les clochers de leurs églises.
Comme dans la plupart des autres provinces la chanson est naïve sans niaiserie, sentimentale, souvent gauloise mais sans pornographie. Il faut bien préciser également que lorsque nous parlons de chansons berrichonnes, nous ne voulons pas dire qu'il s'agit de chansons nées uniquement dans le Berry. Certaines chansons très connues dans notre province se chantent dans les provinces voisines, en patois local. Il est difficile de donner à ces chants un certificat d'origine. Ce qui est important tant, c'est, le cachet local qui est donné par les poètes anonymes que nous évoquions précédemment, à une mélodie ou un texte nés en Berry, ou ailleurs d'un fonds commun.
En général, la musique berrichonne et son interprétation sont lentes et douces, rarement guillerettes ou sautillantes. Selon son tempérament spécifique, le Berrichon a su trouver pour chaque chant une interprétation en harmonie avec les
moeurs, les travaux, les joies, les peines, les aspirations.
Comme le signalent H. Touraine et E. Barbillat dans leur recueil de chants du Berry, si le laboureur marchait comme ses boeufs et rythmait son chant sur leur pas lent et tranquille, le forgeron accommodait le sien à la cadence du marteau, le bûcheron à celle de la hache ou de la scie, le tisserand à la course de sa navette, le sabotier aux voltes qu'il faisait autour de son billot.
A côté de cette abondance de motifs venus des activités paysannes, il en existe d'autres qui semblent tirés ou imités du chant grégorien : même tonalité mineure, mêmes modulation, mêmes intervalles. Ceci est sans doute dû au fait que le plain-chant fut pendant longtemps la seule musique en usage mais ces chants particuliers qui existent en Berry ne sont peut-être pas forcément anciens et ont pu être composés par un prêtre, un moine ou un chantre bercés dans les tonalités mineure.
Enfin un caractère important de la musique berrichonne est qu'elle présente souvent des effets que la notation ordinaire est incapable de rendre, des notes indécises difficiles à placer des intervalles qu'on serait tenté de juger faux parce qu'ils ne correspondent à rien de ce qu'on a l'habitude d'écrire sur les portées. On retrouve ce caractère surtout dans les
briolages, mais cela contribue énormément à la beauté du chant.
Malheureusement, briolages de laboureurs et de vachers qui parlaient à leurs bêtes en les appelant par leurs noms, ne s'entendent plus de nos jours et nos campagnes ont pris l'aspect de vastes ruines où l'on fabrique des récoltes à perte de vue.
Mais il était particulièrement émouvant et impressionnant d'entendre il y a encore de cela une vingtaine d'années, monter par une belle matinée d'automne dans la brume, parmi les buissons et les arbres aux couleurs merveilleuses, le chant des laboureurs, mêlé à l'allure lente, paisible mais puissante des attelages.
Parmi nos chants, nous devons aussi mentionner les chants de Noël, généralement composés par les curés ou les moines et qui eurent leur popularité, au temps où la foi était grande. Le peuple aimait ces mélodies demi sacrées et quand il les abandonna, ce fut pour en adapter les airs sur les chansons d'amour (Les Adieux du soldat à sa mie).
Il est tout de même assez singulier de constater, dans notre province, que nos ancêtres, particulièrement superstitieux et religieux, n'aient jamais chanté ce que nous pourrions appelé la foi d'à côté, et nous ne trouvons dans nos chants aucune allusion aux sorciers, fantômes, laveuses de nuits, etc. La superstition n'alimentait que les légendes, et sans doute le peuple ne voulut-il pas mettre en chanson ce qui le terrifiait.
Au milieu de cette variété si abondante, il est pourtant un élément qui demeure à peu près invariable et qui constitue le sujet fondamental de presque toutes nos chansons : c'est l'amour.
Mais ce thème, que l'on pourrait considérer comme monotone et banal, a connu en Berry un élargissement considérable et la plupart des formes de l'amour se sont trouvées représentées dans nos chants. Touraine et Barbillat en ont recensé toute une collection contenant le fidèle reflet des cas amoureux chantés par nos poètes : amour vénal (quand la Bergère s'en va-t-aux champs) ; l'amour rusé (le marinier) ; l'amour douloureux (voilà 6 mois, quand c'était le printemps) ; l'amour constant (la Bergère fidèle), etc. Si l'amour en est le sujet général, tout un cortège d'idées secondaires évolue autour de lui, selon les circonstances : le travail, les solennités, la guerre et bien d'autres.
|
|