LE CHANT TRADITIONNEL

vous trouverez également des fiches sur les régions suivantes
La Bretagne - Le Berry - L'Auvergne
Les contredanses - Le Poitou - Gascogne-Béarn

Après une presentation du chant traditionnel, vous pourrez decouvrir des techniques du chanteur ,

 éléments de technique vocale,  NECESSAIRES A LA BONNE FORME DE VOTRE VOIX

Dans les rondes populaires traditionnelles, le chant est pris en charge par les danseurs eux mêmes,

non pas comme palliatif de l'absence d'instruments mais constituant essentiel de la danse,

créant une grande complicité entre les participants.

 La formule la plus courante fait se succéder un ou deux solistes( ou chante-avant) et le reste des danseurs. Il arrive que le partage soit fait en filles/garçons ou aussi qu'une moitié de la ronde commence et que l'autre moitié réponde (d'après Y Guilcher)

 

Les ronds d'Argenton : la rose blanche , la fille qu'on ne marie pas

  

en vidéo  atelier chant à danser le-pont-de-lyon-gennetines-2012

à trois voix, ça chante bien, à Gennetines!

voir les paroles


 

et en video , c'est un plaisir que d'aimer ...du collectage barbillat et Touraine

http://www.youtube.com/watch?v=gYBxM4Ah5fc

ronde : Faut casser glace et glaçons (Ecouter "Mariez moi", low whistle irlandais et voix Annick Bideault, guitare Marc Bideault

Afficher le texte de "Mariez moi"Origine : Nivernais/Morvan (Grenant)

Voici un texte imprimé vers 1750, qui pourrait être la source de ce chant,
et semble écrit par un lettré , en raison du vocabulaire recherché :source de mariez moi ma mère

Source : A. Millien "Chansons populaires du Nivernais et du Morvan"
t. 1 page 368

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chappelloise

Les chants de mariage sont très présents dans toutes les régions, illustrant des danses très diversifiées

voici une chanson de la région d'Angers le vieillard amoureux qui se danse en chappelloise

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Les ronds chantés

 quais de Seine                                                                                                    atelier de chant à danser ESTRAD  à Gennetines 2008

les ronds chantés  sont les formes de danses les plus anciennes, dans toutes les régions.
Les gens dansaient en rond, en se regardant, en chantant , sans souci du monde extérieur, sans chercher à montrer quoi que ce soit.
En conséquence, le rond ne s'ouvre pas vers le public, il se suffit à lui-même.

De cette forme de danses subsistent des danses très anciennes , notamment en Bretagne.
 

LA CHANSON TRADITIONNELLE

La chanson traditionnelle s’est  essentiellement formée et véhiculée au sein de la société traditionnelle et rurale. Transmise oralement,

elle se présente toujours en une multiplicité de versions

 Reflet direct de son milieu d'élaboration, elle témoigne d'une pensée formulaire et associative, concrète et simple, plus sociale que personnelle. De même, au niveau poétique, elle utilise l'assonance bien plus que la rime.

 L'histoire peut révéler quelques étapes de sa formation, éventuellement une tendance à la stabilisation (la forme-type); il est exceptionnel qu'elle donne accès à son origine (l'archétype). C'est par une longue série de transmetteurs/modificateurs que la chanson acquiert définitivement ses caractéristiques.

Du « berceau à la tombe», elle investit toutes les circonstances de la vie, du simple divertissement individuel au rite le plus formalisé. Berceuses, formulettes enfantines, complaintes, chansons d'amour ou à danser, chant à boire, à quêter ou à travailler constituent autant de genres et de fonctions. Ils forment au total plus de 2.000 chansons-types répertoriées en d'innombrables versions.

Mobile, elle traverse indistinctement les régions et dépasse les frontières:(il existe  la plupart du temps des versions canadiennes )

La musique contribue beaucoup à sa circulation. Véhicule constamment renouvelé au contact des airs à la mode et plus malléable que le poème, pour une forme type de texte, d’une région à l’autre, on va trouver des musiques parfois totalement différentes, avec ajout de refrain, ou passant  en mode mineur ou majeur, pour une même chanson.

 Notée dès la fin du XVè siècle dans quelques chansonniers (ms. de Bayeux, ms. 12.744 de la Bibliothèque Nationale...), c'est surtout au XIXe siècle qu'elle est systématiquement recueillie.

 Le décret Fortoul du 13 septembre 1852 inaugure l'ère des grandes collectes et des études systématiques. Sous napoléon, une grande enquête est en effet lancée, visant à sauvegarder ce patrimoine de chansons en langue française. Parmi de nombreux travaux (de valeur très inégale), on retiendra surtout les synthèses de Patrice Coirault.

Deux catalogues peuvent actuellement guider les recherches concernant la chanson.

 L'index analytique de Patrice Coirault est conçu comme un fichier d'orientation bibliographique au travers de sources imprimées et manuscrites . L'approche est littéraire: hiérarchisée en rubriques parfois en sous rubriques, puis en chansons types dont l'argument est brièvement résumé.

Ce fichier est en cours de révision pour publication (voir le lien avec la Bibliothèque Nationale, dans les » sites favoris »)

Le second ouvrage disponible est du canadien Conrad Laforte ( six volumes publiés entre 1977 et 1987). Après un examen préliminaire de plus de 80 000 pièces, l'auteur les classe en six catégories poétiques Les attributions sont parfois difficiles.

Au niveau des sources, Laforte met à disposition un dépouillement inestimable des grandes archives sonores canadiennes.

  voici un exemple de différentes versions pour ce branle:

 cliquez ici pour avoir Mon beau laboureur en MP3 

cliquez pour avoir le texte de mon beau laboureur    

en voici une version plus ancienne, illustrée avec la partition :

 

  pour cette forme type , voici les références répertoriées sous le titre "mon beau laboureur "ou "marguerite, ma mie"

Ainsi, les chansons que je donne ici pour ceux qui veulent les apprendre,

 ne sont qu'une version parmi de très très nombreuses... elles se dansent différemment selon les régions où elles ont été recueillies.

Les chansons à répondre: 

Il s'agit d'une technique de chant alterné, utilisée surtout dans la danse en rond –( mais aussi dans la marche)‑, et qui partage le chant entre les danseurs. Un ou une soliste lance la phrase musicale, à laquelle répondent en choeur les autres danseurs.

Connue  dès le Moyen Âge, elle s'est maintenue en de nombreuses régions qui avaient conservé une pratique de la ronde chantée  jusqu'au XIXe siècle, ou XXe (Ardennes, Champagne, pays messin, Normandie, Bretagne, Poitou, Vendée, Berry, Landes, Béarn).

 

 

voici quelques textes de chansons, et que nous aimons chanter à l'atelier chant du groupe ESTRAD, que vous avez certainement pu entendre en bal folk...

 

Ridée 8 temps (Bretagne) Jean marie en MP3, voix: Jocelyne Carré, Annick Bideault

voir le texte dela chanson  jean marie

 

 

ROND DE ST VINCENT  (BRETAGNE)

 

Y'en a 10 chez nous, voyez comme ils regardent

Et d’y faire comme nous ils n’en sont pas capables

Y'en a 10, chez nous voyez comme ils regardent

Et d’y faire comme nous ils n’en sont pas capables

 

feront ils pas comme nous en attendant en espérant

feront ils pas comme nous en attendant le point du jour

 

y'en a 9 chez nous….(chant à décompte)

 

j'avais pas 10 ans que je pêchais l'anguille

pour en faire un présent à toutes ces jolies filles

j'avais pas 10 ans que je pêchais l'anguille

pour en faire un présent à toutes ces jolies filles

assis sur les joncs je leur parle d'amourette 

et je les divertis avec mes chansonnettes....

 

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Je mène les loups,bourrée en MP3, voix: Isabelle Pichot, Annick Bideault

scottish

D'où viens-tu, viens-tu ,p'tit bonhomme

D'où viens-tu, viens-tu ,p'tit bossu

Je viens de la noce

Remplir ma bosse

J'ai tant bu et tant mangé

Qu'ma bosse est percée

 

pach pi de Pleuc en MP3, voix Jocelyne Carré, Annick Bideault

A lorient vient d’arriver

A lorient vient d’arriver

(3 beaux navires tralalalala

3 beaux navires chargés de blé) bis

 

3 dames s’en vont les marchander

3 dames s’en vont les marchander

marin marchand trala lalala

marin marchand combien ton blé ?

 

je le vends 10francs la saquée

je le vends 10francs la saquée

ça fait pas cher trala lalala

ça fait pas cher si c’ est bon blé

 

Entrez madame vous le verrez

Entrez madame vous le verrez

La plus jeune eut trala lalala

La plus jeune eut le pied léger

 

Dedans la barque elle a sauté

Dedans la barque elle a sauté

Le marin au trala lalala

Le marin au large a poussé

 

La belle s’est mise à pleurer

La belle s’est mise à pleurer

Arrête arrête  trala lalala

Arrête arrête  bon marinier

 

Car j’entends ma mère m’appeler

Car j’entends ma mère m’appeler

Et les petits trala lalala

Et les petits enfants pleurer

 

Taisez vous la belle vous mentez

Taisez vous la belle vous mentez

Jamais d’enfant trala lalala

Jamais d’enfant n’avez porté

 

S’il plait à dieu vous en aurez

S’il plait à dieu vous en aurez

Ce s’ra des ptits trala lalala

Ce s’ra des petits mariniers

 

 

 ELEMENTS DE TECHNIQUE VOCALE

 

 

 

Généralités sur la voix
L'aspect médical de la voix
L'aspect technique de la voix
Le microphone
 


 
Généralités sur la voix


Combien ai-je de cordes vocales ?
Nous possédons tous deux cordes vocales.

 

Nos cordes vocales sont situées dans le larynx, à la hauteur de la pomme d'Adam. Ces deux muscles ont une longueur de 14 à 19 mm pour les femmes et 18 à 24 mm pour les hommes. Les cordes vocales vibrent en symétrie afin de créer le son. Plus elles sont petites et plus la voix est haute. L'aspect physique n'est pas toujours en rapport avec la longueur des cordes vocales, pensons à Luciano Pavarotti (ténor) qui a une corpulence imposante mais dont les cordes vocales sont courtes et souples.

 

Vous avez besoin de vos deux cordes vocales jumelles et en symétrie pour projeter un son en santé. Si une seule corde est blessée, c'est tout le son qui disparaît.

 

Pourquoi ma voix semble devenir plus grave le matin ?
Parce qu'après une nuit de sommeil vos cordes vocales ont les mêmes symptômes que tous les muscles de votre corps; elles ne sont pas assouplies et sont aussi relâchées.

 

Avant tout, vous devez savoir que vos cordes vocales subissent quatre transformations selon que vous chantiez des sons aigus ou graves. Dans le registre aigu, les cordes vocales sont plus longues, plus minces, plus tendues et plus rapprochées entre elles. Dans le registre grave les cordes vocales sont plus courtes, plus grosses, plus détendues et plus éloignées entre elles. Ces transformations existent aussi avec tous les instruments à cordes.

 

Après une nuit de sommeil, vos cordes vocales sont complètement détendues et peut-être même un peu enflées, soit par le ronflement ou une respiration buccale provoquée par un nez congestionné ou une toux due à un rhume. Elles pourraient aussi être recouvertes de mucus accumulé par l'écoulement nasal. Cela provoque donc des sons graves !

 

Au début de la journée, après avoir parlé un peu, vos cordes vocales vibrent et nettoient donc les saletés qui s'y trouvent. De plus en plus vos cordes recommencent à s'étirer et reprendre leur souplesse, ainsi vous retrouvez votre timbre de voix habituel.

 

Pourquoi je ne reconnais pas ma voix sur un enregistrement ?
Parce que vous n'entendez pas les résonances de votre voix interne sur un enregistrement.

 

D'abord vous devez savoir que la gorge, les oreilles et le nez sont reliés par des canaux ouverts et communiquent ensemble aisément. Voilà pourquoi il existe des oto-rhino- laryngologistes qui soignent les trois.

 

Si vous ne reconnaissez pas votre voix sur un enregistrement c'est parce que la voix qui passe dans le larynx entre déjà dans l'oreille par le tympan interne avant même de sortir de la bouche. Faites l'exercice de boucher vos oreilles avec vos doigts et dites votre numéro de téléphone...La voix grave que vous entendez est celle que nous appellerons la voix interne. Vous êtes la seule personne au monde capable d'entendre cette portion de votre voix. Autrement dit, lorsque vous parlez ou chantez, vous entendez toujours l'addition de deux voix : la voix interne et la voix externe. Cette dernière est celle que vos auditeurs connaissent comme étant votre voix et qui se retrouve aussi sur un enregistrement, comme par exemple votre boîte vocale...

 

Qu'est-ce qui fait que ma voix casse lorsque je parle ou que je chante ?
La voix casse lorsqu'une de mes deux cordes vocales ou les deux ne peuvent plus vibrer librement.

 

Lorsque mes deux cordes vocales s'entrechoquent à cause de mucus (la symétrie n'est plus), lorsqu'il y a serrement de la gorge (position malsaine de la tête), ou lorsqu'une tension au niveau de la mâchoire crée un gonflement de ma langue (partie cachée dans le larynx). C'est ce qui provoque l'impression de cassure, comme si quelqu'un posait sa main sur les cordes d'une guitare pendant qu'un guitariste en joue.

 

Pourquoi ma voix sonne mieux dans une église ou une salle de bain ?
À cause des matériaux qui font "rebondir" le son en écho.

 

Le son voyage jusqu'à ce qu'il soit absorbé par un obstacle. Dans une église ou une salle de bain, les matériaux sont principalement le bois, le ciment et le marbre, donc le son rebondit, créant ainsi l'écho. La projection vocale est amplifiée et les défauts sont camouflés plus facilement.

 

Dans une salle de concert, les rideaux, le tapis, les bancs, le public joueront un rôle " absorbant " pour le son. Ce sont eux qui en contrôlent l'acoustique.

 

Pourquoi les Québécois ont-ils des voix "naturelles" ?
À cause de notre façon naturelle de prononcer nos voyelles tout en rondeur.

 

Certains peuples ont des prédispositions qui leur donnent plus d'avantages que d'autres. Pourquoi? Il s'agit de la phonétique, de l'aspect physique et de la culture du peuple en question.

 

La phonétique des voyelles utilisées en rondeur pour le chant est plus ou moins voisine de la langue parlée d'un peuple. Par exemple, les peuples asiatiques parlent leur langue de façon très nasale, ainsi pour eux, chanter est rarement naturel. Ils doivent apprendre cette nouvelle manipulation de la voix afin de " focusser " dans la bouche les sons chantés.

 

Nous, les Québécois, qui parlons la même langue que nos cousins d'Europe, plaçons naturellement nos voyelles parlées plus près de la prononciation chantée, en y mettant beaucoup de rondeur contrairement aux Européens. Notre plus grande difficulté, au niveau de la phonétique de la langue française, concerne les sons nasaux (un, en, in et on) que l'on retrouve abondamment, laissant croire à plusieurs personnes qu'il est plus facile de chanter en anglais ou en italien...

 

La culture d'un peuple a aussi beaucoup à voir avec les prédispositions artistiques de celui-ci. Ainsi, en tant que Québécois, notre âme de bons vivants et de peuple expressif nous donne quelques avantages naturels au niveau de l'interprétation des textes chantés.

 

Qu'est-ce que je peux manger ou boire avant un spectacle pour ne pas nuire à ma voix?
Tout ce qui ne collera pas sur vos cordes vocales ou dans le larynx.

 

D'abord, il est excellent de mâcher un peu de gingembre frais et de le diluer dans l'eau ou de boire de l'eau citronnée. Buvez de l'eau à la température de la pièce et n'ajoutez surtout jamais de glace, ce qui va à l'encontre du réchauffement vocal.

 

En général, certains aliments sont ne sont pas recommandés car ils provoquent l'apparition des mucus non désiré, comme par exemple : les produits laitiers, les aliments gazeux (salades, concombres, pommes, breuvages etc.), tous les aliments contenant du sucre et les breuvages trop acides.

 

Comment puis-je faire pour me débarrasser de mon trac avant de faire un exposé oral ou avant d'entrer en scène?
Il ne faut surtout pas se débarrasser du trac! Le trac est une source d'énergie nécessaire à la performance.

 

En effet le trac est votre batterie, il faut simplement l'utiliser à bon escient pour qu'elle vous " énergise ". Quelques heures avant une performance certains chanteurs ont une baisse d'énergie et iraient volontiers dormir au lieu d'entrer en scène. Leur corps emmagasine l'adrénaline dont ils auront besoin plus tard. En revanche, d'autres chanteurs débordent d'énergie et la gaspillent en nervosité. Il faut se détendre et respirer à fond afin de canaliser cette adrénaline.

 

Sur scène le trac se manifeste souvent par des tremblements. Il suffit de faire un discret transfert de poids pour diminuer le tremblement des jambes et de changer le microphone de main afin d'offrir une détente aux muscles contractés. Il est normal que notre bouche soit plus sèche à cause de la respiration accélérée par le rythme cardiaque élevé. Respirez à fond et détendez-vous! Commencez votre tour de chant par une chanson qui a du mordant et qui vous permettra de danser un peu, vous détendra et cachera les signes de trac.

 


 
L'aspect médical de la voix


Que sont les nodules?
Le nodule est une lésion bénigne semblable à une ampoule sur les cordes vocales.

 

Le nodule est provoqué par la répétition d'un mauvais mécanisme vocal. Il existe d'autres formes de plaies vocales telles que les polypes, qui ressemblent au nodule, mais qui sont plus fibreux, plus difformes et plus sanguinolents. Les cris aigus et le tabagisme peuvent être la cause de ce genre de malaise.

 

Quels sont les ennemis de la voix ?
 
  • La cigarette
  • Les courants d'air
  • Les chuchotements et les hurlements
  • Les longues discussions au téléphone
  • L'air climatisé
En effet les longues conversations téléphoniques, les chuchotements et les hurlements, la consommation de cigarette et les changements climatiques subits provoquent une fatigue vocale entraînant l'enflure des cordes vocales.

 

Qu'est-ce qui provoque l'extinction de voix ?
Lorsque les cordes vocales souffrent d'enflure et ne peuvent plus vibrer.

 

Il peut s'agir d'une toux répétée qui oblige vos cordes vocales à se frapper entre elles, provoquant donc de l'enflure, d'une fatigue due à l'utilisation abusive de vos cordes vocales (comme les discussions dans une discothèque, cris d'animation sans microphones, cris de colère etc.) ou de simples courants d'air. Toutes ces situations sont sources d'inflammation et peuvent provoquer l'extinction de voix. Vos cordes vocales souffrent alors d'une enflure importante, se touchent et n'arrivent plus à vibrer afin de créer le son. Les seuls sons que vous arriverez à produire lors d'une extinction de voix seront quelques notes aiguës provoquées par l'étirement extrême et l'amincissement de vos cordes vocales permettant ainsi leur vibration.

 

Quel est le meilleur remède contre les extinctions de voix ?
Le silence.

 

Lorsqu'on parle de silence, cela signifie le repos complet. Attention! Il ne faut surtout pas chuchoter en pensant économiser votre voix, car la pression d'air excessive appliquée sur les cordes vocales lors du chuchotement ressemble à une tempête sur les voiles d'un voilier. Bref, il est beaucoup plus dommageable pour les cordes vocales de chuchoter que de parler.

 

Dans le cas d'une laryngite, n'allez surtout pas vous fier aux pastilles vendues commercialement. Gargarisez-vous plutôt avec de l'eau et du sel ou utilisez le gargarisme Stérisol vendu dans les bonnes pharmacies. De plus, certains produits homéopathiques soulageront vos malaises. En cas de fièvre et si votre mal persiste, consultez votre médecin.

 


 
L'aspect technique de la voix


Combien y a-t-il de registres de voix ?
En général nous classons les voix humaines dans six registres.

 

Les registres de voix chez la femme sont : soprano (plus aiguë), mezzo-soprano (au centre) et contralto (plus grave). Chez les hommes les registres sont : ténor (plus aiguë), baryton (au centre) et basse (plus grave). Il existe aussi les castrats et les contre-ténors qui imitent de près les voix féminines.

 

De plus, dans un même registre vocal on peut distinguer plusieurs timbres ou couleurs de voix.

 

Du plus léger au plus sombre :

 

VOIX FÉMININES  
   
Soprano
  • Colorature (ou Soubrette)
  • Lyrique
  • Spinto
  • Dramatique
Mezzo-soprano
  • Colorature
  • Léger ou Lyrique proprement dit
  • Dramatique
Contralto
  • Alto bouffe
  • Contralto dramatique
VOIX MASCULINES  
   
Castrats ou Contre-ténors
  • Imitant les voix de femmes
Ténor
  • Léger
  • Lyrique
  • Noble
  • Dramatique
Baryton
  • Léger (baryton-Martin)
  • Lyrique (baryton-Verdi)
  • Baryton basse ou dramatique
Basse
  • Bouffe
  • Lyrique (ou basse chantante)
  • Profonde (ou basse noble)



































Quelle différence y a-t-il entre le vibrato, le trémolo et le wobble ?
Trois effets sonores différents appliqués sur la voix.

 

Le vibrato est provoqué par un rebondissement énergique du diaphragme situé sous les poumons. C'est la meilleure façon de faire vibrer sa voix. Le trémolo est provoqué par une tension de la langue dans le larynx qui provoque un chevrotement rapide du son. Cette utilisation n'est donc pas recommandée.

 

Le "wobble" est provoqué par une tension trop relâchée du diaphragme entraînant une note chantée qui oscille sur une quinte et qui vibre trop lentement. Les personnes très âgées chantent souvent avec cet effet vocal non désiré.

 

Qu'est-ce qui provoque la mue chez les jeunes hommes ?
Une poussée de croissance accrue qui trouble la mémoire des cordes vocales.

 

Il faut savoir que les femmes aussi ont une mue de la voix. La poussée de croissance chez les adolescents développe rapidement tous les muscles de leur corps. Les cordes vocales subissent donc aussi cette croissance subite. Ainsi la mémoire de vos cordes vocales est déprogrammée et les cordes vocales se cognent entre elles et ne peuvent plus appliquer les automatismes de leur voix d'enfant. Seul le temps pourra créer de nouveaux automatismes.

 

Qu'est-ce qui détermine la justesse de mes notes chantées ?
L'échelle chromatique des gammes utilisées dans la musique occidentale.

 

Notre musique occidentale est créée à partir d'une échelle chromatique de 12 notes appelées demi-tons. Sur le piano vous pourrez voir les 7 notes blanches et les 5 notes noires. Cependant, entre chacun de ses demi-tons il existe 9 autres notes de passage appelées " commas ". Notre oreille musicale occidentale accepte que nous chantions sur la fréquence de la note exigée. Nous pouvons même tricher de 1 ou 2 commas au dessus de cette note par mesure de sécurité. Cependant, un seul comma sous la note et... nous faussons. Considérant que le son a du poids, il faut donc viser ses notes comme un jeu de fléchettes ou un jeu de poches afin de bien viser au-dessus de la fréquence de note demandée.

 

La musique orientale est bien différente dans son échelle de notes et exige même de chanter certains de ces commas. Voilà pourquoi elle nous semble étrange et même fausser occasionnellement.

 

Pourquoi les chanteurs doivent-ils vocaliser ?
Pour le réchauffement vocal ainsi que le développement des automatismes techniques.

 

Les chanteurs vocalisent pour deux raisons. Tout d'abord c'est pour mettre en mémoire les nouvelles techniques vocales apprises durant les cours de chant et pour créer de nouveaux automatismes. Puis elles serviront au réchauffement vocal qui est primordial avant toute performance. Comme un sportif, le chanteur doit préparer et assouplir son corps afin d'éviter les blessures.

 

Il est recommandé de vocaliser de 20 à 30 minutes par jour avant de chanter. Un réchauffement de 3 heures consécutives par semaine n'est pas du tout efficace pour créer de nouveaux automatismes. De plus il représente un effort soutenu sur une trop longue période de temps, ce qui est très mauvais pour la santé vocale.

 

Comment font les chanteurs pour contrôler leur souffle?
C'est grâce au contrôle du diaphragme.

 

Le diaphragme est un muscle situé sous les poumons, qui contrôle le débit du souffle. Cette paroi, qui a la forme d'un ?il (vu de haut) et qui est épaisse comme une tranche de steak (vu de face), est le muscle le plus fort de votre corps et c'est grâce à lui si vous pouvez vous tenir debout en équilibre sur vos deux jambes. C'est aussi lui qui provoque la toux, le hoquet, le vomissement, les rires, les flatulences et autres réactions du corps. Il ne faut pas confondre le diaphragme avec les abdominaux qui se trouvent dans la partie avant du ventre. Par ailleurs, il est tout à fait faux de croire que notre ventre se remplit d'air lorsqu'on inspire. C'est tout simplement le diaphragme qui pousse nos organes vers le bas donc, qui provoque le gonflement.

 

Sachez que lorsque vous inspirez l'air dans vos poumons, le diaphragme est poussé vers le bas et ne demande qu'à revenir vers son point de départ. Voilà pourquoi, quand vous chantez, en vous appuyant vers le bas, vous contrôlez la quantité d'air que vous désirez relâcher graduellement afin de ne pas manquer de souffle à la fin des phrases.

 


 
Le microphone


Est-ce vrai que le chanteur d'opéra n'utilise pas de micro ?
Vrai.

 

Tout d'abord l'opéra a vu le jour avant même que le microphone n'existe. De surcroît, le chanteur d'opéra n'en a pas besoin puisqu'il place sa voix dans les résonateurs de tête, ce qui lui permet d'amplifier naturellement sa projection vocale de beaucoup, contrairement au chanteur populaire sans son microphone.

 

C'est pourquoi, dans l'Histoire, l'opéra fut sur scène en premier...Avant l'existence du micro, la chanson, de son côté, se pratiquait traditionnellement dans les salons et se transmettait de génération en génération.

 

Qui a inventé le premier micro ?
Le premier microphone fut inventé et breveté le 4 juin 1877 par Emile Berliner. Les américains prône que c'est Edison le premier inventeur du microphone.

 

Il s'agissait plus d'un transmetteur que d'un microphone pour l'enregistrement ou la captation musicale. La technologie prendra plusieurs dizaines d'années avant de pouvoir arriver à capter de façon convenable la voix chantée.

 

Dans le dictionnaire Trévoux publié en 1732 le mot microphone existait avant l'objet même (Mikros - petit et Phônê- voix, son).

 

Comment place-t-on correctement le micro devant la bouche?
Le micro doit être placé droit devant la bouche et sous la lèvre inférieure, la tête du micro suivant le creux du menton.

 

La tête du microphone qui serait positionnée directement devant les lèvres provoquerait l'éclatement des consonnes " P " dans la salle.

 

L'angle du micro doit être diagonal afin de ne pas cacher le visage du chanteur. Les doigts sont positionnés au milieu du manche (et non sur la tête du micro) de la façon suivante; le pouce sous le manche et les quatre autres doigts sur le micro. Il n'est pas recommandé de mettre le petit doigt sous le manche ce qui soulève le micro et cache l'expression du chanteur. Lorsque le chanteur projette un son puissant, il doit reculer le microphone de sa bouche afin d'éviter la distorsion des sons et le rapprocher dans les sons plus doux.

 

Comment choisir un bon micro?
Il existe sur le marché musical une panoplie de micros pour les chanteurs.

 

Nous vous suggérons d'aller dans un magasin spécialisé pour essayer et choisir le microphone qui vous conviendra le mieux.

 

Voici quand même quelques suggestions;

 

Dans la catégorie des micros avec fil, les compagnies; Audio Technica, Shure, Sennheiser, Beyer et Audix offrent les meilleurs micros pour chanteurs. Le coût variera entre 140$ et 500$.

 

Pour ce qui est des micros sans fil, qu'ils se tiennent dans la main ou qu'ils soient des micros casques, les deux compagnies qui se démarquent sont ; Audio Technica et Shure. Vous les payerez entre 250$ et 900$.

Le chant traditionnel n'exclue pas de connaître quelques rudiments de technique vocale, si on veut chanter longtemps, sans se faire mal, plusieurs soirs de suite, sans ressentir de brûlures  à la gorge.

la relaxation est très importante pour chanter, et le bâillement est  un bon moyen de se mettre en voix

 

 chanter après avoir bâillé :

Cette utilisation du bâillement ne peut que détendre le chanteur en général, sa cavité buccale et sa mandibule en particulier. 
Il serait de très mauvaise foi d'affirmer qu'un chanteur  venant de bâiller ne peut chanter que de manière morne et endormie.

Certains chanteurs ne seront jamais trop détendus pour chanter. Tous les moyens sont bons pour les faire parvenir à cette détente. Tout professeur a eu l'occasion de dire à un tel élève qu'il n'a jamais aussi bien chanté que ce jour où il était si épuisé.

Le réflexe du bâillement n'est d'ailleurs pas destiné à endormir, mais au contraire à lutter contre l'envie de dormir, grâce à la ré oxygénation qu'il provoque.

Bâillement et langue

Si l'on souhaite utiliser le bâillement pour préparer l'acte vocal, il est souhaitable de garder la pointe de la langue en avant en bâillant, voire de "tirer la langue".
Sinon, le recul de la langue peut être associé à la détente apportée par le bâillement, et l'on combine alors un conditionnement négatif à un conditionnement positif.

 

Détente bucco-pharyngée

La détente bucco-pharyngée concerne aussi bien les joues que l'arrière de la bouche ou la mandibule.

Cette détente se traduit par une élévation du voile du palais et une légère descente du larynx, mais sans qu'élévation ou descente soient volontairement provoquées.

La détente bucco-pharyngée vise deux buts complémentaires :

  1. "poser" la voix sur le souffle, en contact direct et le plus large possible, comme si la largeur de l'ouverture de la gorge devait répondre à la largeur du diaphragme,
  2. laisser la résonance de la voix s'épanouir le plus pleinement et le plus naturellement possible, sans la réduire en prétendant la diriger vers tel ou tel point du corps où la voix serait "placée".

La détente bucco-pharyngée évite au chanteur de prendre des  APPUIS PARASITES  sur telle ou telle partie de la bouche ou de la gorge.

Elle permet la réalisation d'images telles que :

  • "chanter à partir du ventre",
  • "imaginer qu'il n'y a rien entre le ventre et le point d'impact - l'accroche haute - de la voix",
  • "chanter au-dessus du palais",
  • "imaginer que le son monte à travers le palais",
  • "chanter uniquement avec l'air contenu dans la bouche".

Sans détente bucco-pharyngée, il serait très difficile de laisser "flotter" un son, de le filer .
Plus simplement, il serait difficile d'homogénéiser les différents timbres vocaliques - la couleur et la "place" des différentes voyelles.

La détente bucco-pharyngée empêche la nasalisation et le serrement de gorge

Il n'est pas du tout superflu, pour un débutant, de contrôler consciemment et régulièrement sa détente buccale. 

Une telle contrainte, si elle va contre la spontanéité vocale, peut faire gagner bien du temps  en obligeant à construire sa voix dans la détente dès le départ.

 

LA LANGUE ET L'ACCROCHE

 DE LA VOIX

La langue contre les dents du bas

À ma connaissance, tous les ouvrages consacrés au chant, sans exception, conseillent de garder la pointe de la langue à l'avant de la bouche, contre la base (ou le haut selon certains) des dents du bas.


Il serait regrettable que tous les maîtres se trompent. Heureusement, ce ne semble pas être le cas.
Étant donné l'universalité de ce principe, il est par contre étonnant que tant de chanteurs ne le respectent pas. Cela réclame certes un peu de concentration au début, puis un contrôle épisodique, mais l'effort est raisonnable, et le coût presque nul, puisqu'il se limite à celui d'un miroir de taille moyenne. Songeons qu'une telle acquisition peut faire économiser des milliers de francs de cours de chant!

Il est cependant indispensable d'adapter ce principe à la morphologie de chacun, afin de ne pas tirer sur une langue trop courte, et de ne pas grossir une langue trop longue, que l'on fera bien mieux de laisser passer par-dessus les dents du bas, au moins sur la voyelle [a], qui requiert le plus grand dégagement de la cavité buccale. Si l'on craint de laisser remonter la langue, on pourra maintenir un léger contact entre le dessous de la langue et l'arête des incisives du bas.

La priorité doit toujours être de sortir la langue de la gorge, et non de maintenir la langue derrière les dents du bas, ce qui serait contre-productif! Tant que la langue est sortie dans un mouvement de "faux vomissement", vers l'avant puis vers le bas, mais avec une courbure constamment convexe vers le haut  et tant qu'elle ne tire pas sur le larynx, il n'y a aucun inconvénient à laisser la langue passer par-dessus les dents du bas. Elle ne fera ainsi qu'accompagner le son.

Le réflexe de sortir la langue en cas de difficulté vocale est loin d'être naturel, mais oblige le chanteur à contrôler son émission en maintenant le subtil équilibre entre une résonance haute et un soutien  bas et large du souffle.
Il faut à tout prix combattre le réflexe inverse, où l'on croit se protéger en rentrant sa langue, ce qui va hélas boucher le son et asphyxier peu à peu le chanteur!


Sortir légèrement la langue accompagne au contraire à merveille le franchissement du passage.

 

Garder la voix devant

Bien des défauts vocaux trouvent leur origine dans une mauvaise position et/ou une mobilité insuffisante de la langue.
La cause générale en est la suivante : la pointe de la langue se relève et/ou la langue recule dans la bouche.
Le son va alors se former derrière la langue - derrière la pointe de la langue ainsi remontée.


Les voyelles en sont moins distinctes. 

La voix y perd en projection.

 L'auditeur la situe souvent "dans les joues" ou "dans la gorge" du chanteur.

Or, c'est souvent ce qui se produira si vous accordez la priorité au précepte de la langue plate : comme vous interdisez à la langue de monter en se courbant de manière convexe, elle va plutôt reculer et s'épaissir.

C'est toujours au moment où la pointe de la langue ne devrait absolument pas remonter qu'elle le fait :

  • pour un aigu,
  • sur une fin de phrase,
  • pour chanter piano,
 

Ce sont hélas justement les cas où il importe de ne pas reprendre ou décaler sa voix :

  • Il faut placer l'aigu dans la continuité de ce qui précède.
  • Il ne faut pas avaler ses fins de phrase mais les porter jusqu'à leur terme.
  • Il ne faut pas avaler sa voix pour chanter moins fort.

 

L'abaissement du larynx

Le son se formera également derrière, voire "dans" la langue, si vous cherchez à abaisser volontairement le larynx en appuyant sur lui la racine de la langue.
Mais la conséquence la plus grave résidera ici dans l'action même qui est indûment recherchée : le larynx sera "écrasé". 

La vibration des cordes vocales en sera rendue moins libre, moins pure. 

Le son paraîtra grossi, voire étouffé - un peu comme quand on abaisse le feutre de la pédale douce sur les cordes d'un piano.

Corriger une langue qui recule ou rebique

L'image idéale de la langue plate, pointe contre les dents du bas, est bien connue. 

Vouloir obtenir directement et volontairement cette position revient cependant à se condamner à l'échec. 

En effet, une telle action ne pourrait s'accomplir sans tension. La tension ajoutée pour aplatir la langue et la forcer à rester en avant a des conséquences largement aussi néfastes sur le timbre et la ligne vocale que celles d'une langue qui recule.
Par contre, si l'on pense simplement à envoyer la langue le plus en avant possible, même par-dessus les dents du bas, elle reviendra spontanément à une position calme derrière les dents.

Si ce travail volontaire de la langue peut faire faire des progrès, d'autres progrès seront ensuite réalisés quand on pourra à nouveau oublier la langue. Parfaitement détendue, elle prendra à nouveau les positions que le cerveau lui dictera, à un niveau qui affleurera à peine à la conscience.

Le seul fait de dégager la langue peut faire ressentir une accroche antérieure de la voix, "dans les dents", "dans le masque" etc.

EXERCICES 

 

avancer la langue

Décrocher la mâchoire en projetant la langue en avant, tout en conservant sa pointe contre les dents du bas. 

Faire ce mouvement plusieurs fois de suite. Cela revient plus ou moins à former la voyelle [i], et habitue la langue à avancer tout en restant en contact avec les dents du bas, à travers tout mouvement de la mâchoire.

chanter les narines fermées

Un excellent truc, pour contrer une tendance de la langue à intervenir ou à reculer, est de chanter le passage faisant problème en expiration pure, contre les narines fermées entre le pouce et l'index. Cela peut faire merveille à travers le passage!

En effet, la peur de l'aigu peut faire reculer la langue et tenir le son. 

La fermeture des narines offre une sorte de substitut de cette fermeture défensive de la gorge. 

Sécurisé par cette fermeture des narines et les sensations (les vibrations sympathiques) qui l'accompagnent, le chanteur peut laisser sa gorge parfaitement ouverte et détendue. Il "suffit" ensuite de conserver cette parfaite détente de la langue (une quasi absence!) en émission normale. 
Il s'agit avant tout de sortir le son de la gorge, de le faire passer par-dessus la langue.

 

Utiliser un miroir

L'utilisation d'un miroir présente l'avantage de ne pas concentrer le chanteur sur sa langue - non plus que sur sa mâchoire.

Il ne faut en effet rechercher aucune sensation dans la langue, excepté celle du contact avec les dents du bas, et encore, seulement au début, si ce n'est pas spontané.

Lorsque l'on chante un morceau, il n'est pas non plus envisageable de garder une conscience permanente de la position de sa langue sur chaque voyelle

Accroche haute et antérieure

Accroche et non placement

Pourquoi parler d'accroche et non plus de placement?

"Placement" est un terme très général. L'accroche haute et antérieure doit faire partie du placement d'une voix, mais ne doit pas être exagérée : c'est une toute petite partie de la voix, presque seulement un moyen de contrôle pour le chanteur - mais c'est cependant grâce à elle que l'auditeur percevra un timbre équilibré et comprendra les paroles!

Parler de "placement haut" pourrait faire croire que toute la voix doit être "placée" quelque part en hauteur, ce qui risquerait de la couper du corps du chanteur et de la priver de son "centre".

L'idée d'un "placement antérieur" risque de tirer la voix du côté de la variété, avec une surarticulation, un détimbrage, un serrage...

Placement sur [i]

La place vocale correspondant à cette accroche haute et antérieure est celle du [i].

[i] est la meilleure et la pire des voyelles.

Pour un débutant, sauf s'il a un [i] naturel, le [i] présente de nombreux dangers :

  • Comme le [i] résonne très haut, très en avant, de manière plus légère que toute autre voyelle, une tendance naturelle possible va être de ne pas LE SOUTENIR
  • Comme on recherche avec le [i] un son très antérieur, une autre tendance sera de fermer la gorge, et de fermer la cavité buccale en remontant la langue au-delà des exigences acoustiques de formation du [i].
    Le [i] sera alors "serré".

     

  • L'incapacité à trouver la résonance haute et libre du [i] peut aussi produire une sorte de [y] détimbré

Une fois que le [i] a trouvé sa place haute dans une bouche détendue, et qu'il peut être soutenu comme n'importe quelle autre voyelle, il devient une excellente voyelle de contrôle et de travail.

 

  • "placer le [a] sur le [i]".

Trouver cette accroche haute sur [i] correspond en effet à "penser" ou à "mettre" un peu de [i] dans toute voyelle ouverte, afin de ne pas la laisser s'engorger.

Nasalité antérieure

Cette accroche haute donne une légère impression de NASALITE.


L'impression est que le son monte dans le nez par devant, par conduction osseuse (vibration sympathique) à partir de la mâchoire supérieure (de la gencive) plus encore que du palais dur.

Montrer les dents

De telles images de sons "méchants" invitent à dégager un peu les dents, c'est-à-dire à retrousser et avancer un peu les lèvres.

 

Un chanteur néglige souvent ses lèvres, or leur influence sur le timbre et sur l'intelligibilité des paroles est grande.


Cela ne doit cependant pas inciter à agir directement sur elles. L'image de l'agressivité, comme celle de la sensualité, permet d'agir indirectement sur les lèvres, en les laissant parfaitement souples.

Bouche fermée et dents serrées

Pour obtenir l'accroche haute, si l'on travaille bouche fermée, il faut :

  • d'abord rechercher des sensations antérieures et hautes très localisées, avec les dents presque serrées,
  • ensuite seulement détendre la bouche, tout en conservant la sensation d'accroche haute et antérieure.

 

Chanter "au-dessus du palais"

L'image de "chanter au-dessus du palais" peut être traduite littéralement en exercices.

Il ne s'agit pas de chanter seulement dans le palais, même s'il s'agit de l'avant du palais dur. 

Le résultat est très différent si l'on cherche à éprouver l'impression que le son s'échappe à travers le palais, sans cogner dedans, sans être plafonné.
Il ne suffit même pas que le son monte à travers le palais dur : il faut qu'il traverse la gencive (c'est à dire la mâchoire) supérieure, au niveau des incisives 

En fait, plus cette "accroche" sera fine et précise, plus on pourra l'oublier pour se préoccuper du reste. C'est simplement un élément qui doit être présent dans la voix en permanence, ce n'est pas toute la voix.

Chanter à travers le nez pour ne pas chanter dedans

Paradoxalement, pour ne pas nasaliser, il peut être efficace de penser que l'on envoie sa voix dans le nez, c'est à dire à l'emplacement physique du nez, à l'avant du visage. C'est le meilleur moyen de ne pas envoyer réellement sa voix dans le nez, c'est à dire dans les fosses nasales, en passant par derrière le voile du palais. L'impression est plutôt d'envoyer la voix "à travers le nez", c'est à dire  derrière les incisives.

Chanter les narines ouvertes

De la même manière, il est généralement positif de conserver les narines toujours largement ouvertes, comme si l'on inspirait par le nez en même temps que l'on chante. C'est très logiquement le meilleur moyen de ne pas chanter par le nez, c'est à dire d'éviter qu'un flux d'ondes sonores sorte du nez!

Équilibre de résonance

Les deux techniques décrites ci-dessus correspondent à un placement de la voix dans ce qu'on appelle "le masque"

On remarquera que :

  • La première est fondée sur un mouvement vers l'extérieur.
  • La deuxième  est fondée sur un mouvement vers l'intérieur.

La combinaison ou l'alternance entre ces deux techniques est donc apte à entretenir l'équilibre que constitue un chant résonnant et soutenu!


Extrait de "Berry", un gros pavé paru aux Editions Bonneton (1994), sur les chants et danses en Berry.

La chanson populaire
C'est à l'invention naturelle et spontanée de poètes anonymes que nous devons nos airs et nos chants rustiques, imprégnés d'une délicieuse saveur locale qui demeure inimitable.
Si beaucoup des couplets de nos chansons ne semblent pas particuliers au Berry, la musique, en revanche, présente une couleur locale bien déterminée. La musique berrichonne porte l'empreinte du sol sur lequel elle a vu le jour, certes nos bergers, nos laboureurs, n'avaient sous leurs yeux qu'un cadre restreint, mais suffisamment doux et calme pour faire vibrer leur grande sensibilité ; ici, c'est la plaine, ses cultures, ses pâturages, un canal avec ses lignes droites bordées de peupliers, canal sur lequel glissait jadis les bateaux lents des mariniers ; là, c'est un superbe étang couvert de nénuphars, une rivière bordée de saules, un vallon verdoyant, une colline peu élevée, de petits villages dispersés avec les clochers de leurs églises.
Comme dans la plupart des autres provinces la chanson est naïve sans niaiserie, sentimentale, souvent gauloise mais sans pornographie. Il faut bien préciser également que lorsque nous parlons de chansons berrichonnes, nous ne voulons pas dire qu'il s'agit de chansons nées uniquement dans le Berry. Certaines chansons très connues dans notre province se chantent dans les provinces voisines, en patois local. Il est difficile de donner à ces chants un certificat d'origine. Ce qui est important tant, c'est, le cachet local qui est donné par les poètes anonymes que nous évoquions précédemment, à une mélodie ou un texte nés en Berry, ou ailleurs d'un fonds commun.
En général, la musique berrichonne et son interprétation sont lentes et douces, rarement guillerettes ou sautillantes. Selon son tempérament spécifique, le Berrichon a su trouver pour chaque chant une interprétation en harmonie avec les moeurs, les travaux, les joies, les peines, les aspirations.
Comme le signalent H. Touraine et E. Barbillat dans leur recueil de chants du Berry, si le laboureur marchait comme ses boeufs et rythmait son chant sur leur pas lent et tranquille, le forgeron accommodait le sien à la cadence du marteau, le bûcheron à celle de la hache ou de la scie, le tisserand à la course de sa navette, le sabotier aux voltes qu'il faisait autour de son billot.
A côté de cette abondance de motifs venus des activités paysannes, il en existe d'autres qui semblent tirés ou imités du chant grégorien : même tonalité mineure, mêmes modulation, mêmes intervalles. Ceci est sans doute dû au fait que le plain-chant fut pendant longtemps la seule musique en usage mais ces chants particuliers qui existent en Berry ne sont peut-être pas forcément anciens et ont pu être composés par un prêtre, un moine ou un chantre bercés dans les tonalités mineure.
Enfin un caractère important de la musique berrichonne est qu'elle présente souvent des effets que la notation ordinaire est incapable de rendre, des notes indécises difficiles à placer des intervalles qu'on serait tenté de juger faux parce qu'ils ne correspondent à rien de ce qu'on a l'habitude d'écrire sur les portées. On retrouve ce caractère surtout dans les briolages, mais cela contribue énormément à la beauté du chant.
Malheureusement, briolages de laboureurs et de vachers qui parlaient à leurs bêtes en les appelant par leurs noms, ne s'entendent plus de nos jours et nos campagnes ont pris l'aspect de vastes ruines où l'on fabrique des récoltes à perte de vue.
Mais il était particulièrement émouvant et impressionnant d'entendre il y a encore de cela une vingtaine d'années, monter par une belle matinée d'automne dans la brume, parmi les buissons et les arbres aux couleurs merveilleuses, le chant des laboureurs, mêlé à l'allure lente, paisible mais puissante des attelages.
Parmi nos chants, nous devons aussi mentionner les chants de Noël, généralement composés par les curés ou les moines et qui eurent leur popularité, au temps où la foi était grande. Le peuple aimait ces mélodies demi sacrées et quand il les abandonna, ce fut pour en adapter les airs sur les chansons d'amour (Les Adieux du soldat à sa mie).
Il est tout de même assez singulier de constater, dans notre province, que nos ancêtres, particulièrement superstitieux et religieux, n'aient jamais chanté ce que nous pourrions appelé la foi d'à côté, et nous ne trouvons dans nos chants aucune allusion aux sorciers, fantômes, laveuses de nuits, etc. La superstition n'alimentait que les légendes, et sans doute le peuple ne voulut-il pas mettre en chanson ce qui le terrifiait.
Au milieu de cette variété si abondante, il est pourtant un élément qui demeure à peu près invariable et qui constitue le sujet fondamental de presque toutes nos chansons : c'est l'amour.
Mais ce thème, que l'on pourrait considérer comme monotone et banal, a connu en Berry un élargissement considérable et la plupart des formes de l'amour se sont trouvées représentées dans nos chants. Touraine et Barbillat en ont recensé toute une collection contenant le fidèle reflet des cas amoureux chantés par nos poètes : amour vénal (quand la Bergère s'en va-t-aux champs) ; l'amour rusé (le marinier) ; l'amour douloureux (voilà 6 mois, quand c'était le printemps) ; l'amour constant (la Bergère fidèle), etc. Si l'amour en est le sujet général, tout un cortège d'idées secondaires évolue autour de lui, selon les circonstances : le travail, les solennités, la guerre et bien d'autres.

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